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Archive de l’étiquette Pardonner

Pardonner

J’hésite à pardonner à mon père pour les incestes que j’ai subis

J’ai subi des incestes dès l’âge de 6 ans, et ça a duré pendant 8 ans. Du jour au lendemain ça s’est terminé car je lui ai dit que ce n’était pas bien.

J’ai tout révélé à mon conjoint le jour de mes 36 ans et je suis passée par des états de grande dépression avec prise d’alcool, j’étais très mal… J’ai rompu les liens avec mon père jusqu’à ce jour. J’ai 49 ans.

Ma mère m’a appris que l’état physique de mon père est au plus bas. Il ne mange plus, il ne fait plus sa toilette, il boit de la bière et fume deux paquets de cigarettes par jour.

Je ne sais pas quoi faire : dois-je pardonner avant qu’il ne meurt car je pense que c’est moi qui l’ai tué à petit feu en révélant ces actes. Je me sens coupable d’avoir détruit ma famille en disant ce secret.  Je ne sais pas quoi faire, j’ai peur d’affronter son regard. Pour lui, j’ai été sa fille chérie, sa confidente, son amie, sa maîtresse. Je suis perdue et ça me perturbe beaucoup.

Réponse :

Tout d’abord je vous félicite d’avoir eu le cran de dire à votre famille l’inceste subi de 6 ans à 14 ans ! Et bien sûr de l’avoir dit aussi à votre mari ! C’était essentiel de sortir du non-dit qui est un mensonge énorme qui cache même son nom !

A propos du pardon : vous pouvez cheminer personnellement vers le pardon, si vous êtes accompagnée par quelqu’un qui en capacité personnelle et professionnelle de le faire : un/e accompagnateur/trice spirituel/le. La vie spirituelle n’est pas seulement catholique ou chrétienne. Elle est aussi d’autres confessions et aussi laïque.

Mais le pardon ne se déclare pas unilatéralement. Celui/celle qui cherche à pardonner évolue intérieurement pour découvrir comment le pardon est possible en lui/elle. Souvent cela met du temps, parfois beaucoup de temps et c’est le cas de toutes les atteintes graves à la confiance qu’un enfant fait à son père ou à sa mère.

Le pardon, n’est donc pas une simple déclaration ! Il répond à une demande de pardon.

Pas de pardon vrai, sans qu’il y ait eu, de la part de celui qui a blessé, un aveu et une tristesse d’avoir commis de tels actes, et ensuite qu’il ait exprimé clairement sa demande de pardon.

Par contre, même sans avoir pardonné, vous pouvez accepter d’aller voir votre père, et lui dire combien vous êtes meurtrie par l’inceste qu’il vous a fait subir. Lui dire aussi que vous souhaitez qu’il puisse mourir en paix, mais que vous ne pouvez pas lui pardonner s’il ne reconnaît pas ses torts et s’il ne vous demande pas pardon.

Il n’y a rien de « magique » dans le pardon : soit il est vrai et réponse à une demande de pardon, soit il est faux, et c’est une mascarade grinçante.

Je vous encourage beaucoup à rester vraie, à aller voir votre père, mais à ne pas faire semblant que toute cette souffrance n’a pas compté.

Si vous souhaitez en parler, je peux vous recevoir, en présentiel (Montpellier) ou en distanciel : tél, ou Signal = WhatsApp mais resté indépendant de Facebook, ou un site de réunion.

Mme Fierens