Category Archive Parole donnée

Parole donnée 05

« Toute épreuve est une expérience de survie du corps et tout se passe comme si celui-ci avait pour métaphore le psychisme ; mais pour que le psychisme reste vivant, il faut qu’il y ait langage échangé, expressif, actuel, avec quelqu’un qui prête à celui qu’il écoute la valeur de sujet de sa propre histoire. »

Françoise Dolto, « L’Image inconsciente du corps », Ed Seuil, p 366

Parole donnée 04

Comment parler de la jalousie qui affecte originairement et si subtilement notre humaine nature ?  À ne rien en vouloir savoir, en effet, nous finissons par passer à côté de la vie même. En ne reconnaissant pas ce qui nous divise si profondément – pour ne pas avoir à en souffrir finalement – nous évitons l’entrée du chemin qui conduit à la vérité.

Denis Vasse, « Inceste et Jalousie », Ed Seuil, p 17

Parole donnée 03

« En refusant  la parole qui se révèle dans la chair  et donne au corps de l’homme sa stature, la jalousie sépare le vivant de son origine. S’il parle, en effet, c’est qu’il naît d’une bouche qui l’engendre. Pas plus que le don de la vie, le don de la parole n’est secondaire, comme le serait le don d’un objet. »

Denis Vasse, « Inceste et Jalousie », Ed Seuil, p 42

Parole donnée 02

« Mettre des mots sur la souffrance d’une épreuve, pour qui peut entendre ces mots, et prêter son attention au sujet qui parle en lui faisant confiance, cela apaise l’angoisse. »

Françoise Dolto, « L’image inconsciente du corps », Ed Seuil, p 367

Parole donnée 01

« Lorsque le cœur se rouvre et que, d’avoir été touchée par les mots, la chair résonne à nouveau, l’homme, dans la rencontre, fait l’expérience d’une délivrance. Sa parole prend du poids, et son corps de la dignité. »

Denis Vasse, « Inceste et Jalousie », Ed Seuil, p 215

 

Parole donnée 32

« Le mouvement d’ouverture à la rencontre et de la rencontre dans l’ouverture de l’autre et du même, c’est-à-dire de l’altérité et de la mêmeté, est la dimension du présent exigée de la parole en vérité. Le son de la voix se loge dans l’intimité de la parole à l’entrecroisement des mots et des affects : il devient souffle. Nous l’appelons voix. Etre touché par elle au cœur, souffrir, aimer, se réjouir, avoir de la peine, s’offrir, c’est éprouver un corps, c’est donner corps à la parole, c’est être engendré dans la chair de la Parole. »

Denis Vasse, « L’arbre de la voix » p 170, Ed Bayard, Montrouge 2010

Parole donnée 31

« Là où il n’y a pas de suspension du jugement dans l’obéissance à la parole, il y a un semblant d’ouverture dans la compréhension. Ceux qui comprennent tout d’emblée refusent a priori d’être interrogés ou surpris par le manque. Car le signifiant du manque renvoie, précisément, à ce qui ne se comprend pas : l’Autre. Avec lui, la métaphore ouvre à la question de l’espace intersubjectif et de l’altérité. Au lieu d’en prendre acte, le moi fait comme s’il avait compris depuis longtemps.

Denis Vasse, « La dérision ou la joie », p 110, Ed du Seuil, Paris 1999.

Parole donnée 30

« Tout amour humain fait ainsi l’expérience qu’il y a au cœur de lui-même, dans la chair où la parole cherche à se dire depuis le commencement, un mensonge ou une tendance incestueuse qui veut retenir ou garder ce qui, seulement, se reçoit et/ou se donne : la vie. »

Denis Vasse, « Inceste et jalousie », p46, Ed du Seuil, Paris 1995.

Parole donnée 29

« Parler à quelqu’un, c’est d’abord prendre l’initiative silencieuse d’écouter, ouvrir pour lui l’espace où il peut se rendre présent en vous. Seule la possibilité de cette rencontre transforme la séparation en altérité où chacun accède, sans crainte, à l’unité. »

Denis Vasse, « L’arbre de la voix » p116, Ed Bayard, Montrouge 2010.

Parole donnée 28

« Dans l’étonnement de la naissance à la parole, la lumière vient du dedans. Le « pourquoi moi ? »de l’abondance de la joie est venu se substituer au « pourquoi pas moi ? » de la reendication jalouse. »

Denis Vasse, « Inceste et jalousie », p 57, Ed du Seuil, Paris 1995.