Archive de l’étiquette Denis Vasse

Parole donnée 14

« Quand il parle en vérité, l’homme n’a pas d’abord acquis la parole comme on acquiert un objet pour le donner ensuite. Quand il parle en vérité, la parole se donne à travers lui au moment où il ouvre la bouche. »

Denis Vasse, « Inceste et Jalousie » p42 Ed du Seuil Paris 1995

Parole donnée 13

« Ne pas être mis en voix,  comme on est mis au monde, revient à avoir le souffle coupé ou la voix déniée. C’est rester dans l’extériorité de la respiration ou dans le déni de la voix, et être livré au vent qui asphyxie la chair. »

Denis Vasse  « L’arbre de la voix » p 151  Ed Bayard  Montrouge 2010

Parole donnée 12

L’homme amputé de la parole ou non marqué par elle n’est plus porté par le désir qui vise à son accomplissement dans la rencontre avec l’autre. La différence dans lequel il se manifeste – le sexe – n’est plus signifiante de l’Autre en lui. L’homme s’identifie alors à l’animal ou à la machine. Ni l’un ni l’autre n’ont de visage.

Denis Vasse La Grande Menace, p 280 Ed du Seuil

Parole donnée 11

Là où le mensonge apparaît – et quelle que soit la prétention idéaliste qui le soutienne – la médiation de la parole est détruite.

Denis Vasse La Grande Menace p 168 Ed du Seuil

Parole donnée 10

Prendre la parole en vérité, c’est s’adresser à l’autre lorsque nous l’écoutons et que nous répondons d’elle en lui comme en nous. Cela pourrait être une définition du vivant.

Denis Vasse, La Grande Menace, p 111 Ed du Seuil

Parole donnée 09

Dans l’immédiateté qu’on pourrait appeler l’immédiation, l’action est privée de la médiation d’un autre ou de la parole. Elle ne soutient pas dans le temps et l’espace, l’apparition-disparition de l’objet médiateur qui renvoie à la présence désirée. Elle ne tient pas compte de la chair. Ou elle est appariement, parité, dans la fusion qui étouffe. Ou elle est disparité, fantasme d’une disparition qui prive de la vie le vivant et le voue à la mort.

Denis Vasse La Grande Menace p 163 Ed Seuil

Parole donnée 08

Lorsque les bandelettes de cette culpabilité sont enlevées, celui qui s’éprouvait couplable bascule du côté de la joie, dans une sorte de générosité, de capacité d’accueil d’une vie qui n’est ni de lui ni de l’autre, mais qui naît de ce qui s’échange entre lui et les autres et qui est la vie même.

Denis Vasse La Vie et les Vivants p22 Ed Seuil

Parole donnée 07

Ecouter quelqu’un, c’est être appelé dans le lieu de la souffrance pour partager avec lui la joie de vivre avec les autres.

Denis Vasse La Vie et les Vivants p 13 Ed  Seuil

Parole donnée 06

Parler à un enfant, le nommer, c’est le promouvoir à une place où il est autre chose que tout ce qu’il sent.

Denis Vasse, « Inceste et Jalousie », Ed Seuil, p 295

Parole donnée 04

Comment parler de la jalousie qui affecte originairement et si subtilement notre humaine nature ?  À ne rien en vouloir savoir, en effet, nous finissons par passer à côté de la vie même. En ne reconnaissant pas ce qui nous divise si profondément – pour ne pas avoir à en souffrir finalement – nous évitons l’entrée du chemin qui conduit à la vérité.

Denis Vasse, « Inceste et Jalousie », Ed Seuil, p 17