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Parole donnée 15

« Le lien symbolique, celui de la parole, permet l’attachement dans le détachement, et le détachement dans l’attachement. Il est le lieu de la différence vivante qui fait vivre : la réalité de l’Esprit. »

Denis Vasse, « La dérision ou la joie » p 72, Ed du Seuil Paris 1999

Comment surmonter la dépendance affective ?

J’ai grandi sans père et j’ai des relations souvent conflictuelles avec ma mère.
Je souffre de dépendance affective.
Je viens de subir une rupture amoureuse et je ressens constamment le besoin de retrouver une situation amoureuse pour combler mon manque.
Je n’ai pas confiance en moi et encore moins une bonne estime de moi-même ce qui ne facilite ma guérison.
Pourriez-vous m’aider svp ?

Réponse : 

La dépendance affective a ses racines dans la petite enfance. Dès la naissance, le nouveau-né découvre la rencontre. Il établit des relations affectives avec sa mère et son père, avec sa famille proche et plus lointaine. Il perçoit l’absence de certaines personnes, il peut aussi ressentir des points de fragilités affectives, mais aussi des points d’appui, qui ne viennent pas forcément de ses parents.

Il va alors chercher à combler le manque qu’il ressent. 

Or personne ne peut jamais combler les carences. Ce qui libère de la dépendance affective, c’est de parler des relations précoces vécues avec les personnes présentes, avec la famille, parler de l’ambiance familiale, des conflits et des désarrois qui ont marqué l’enfance. Les difficultés du passé sont inscrites en vous, dans l’inconscient, et elles sont encore actives. Elles vous empêchent de vous épanouir. 

Pour surmonter cette souffrance, pour la dépasser et en guérir, il est nécessaire de parler avec un(e) professionnel(e) compétent(e) pour écouter cette expérience ancienne présente et active en vous. Dans une démarche psychanalytique, le désarroi s’effrite et fait place à une liberté nouvelle que jamais vous n’auriez pu imaginer. 

Cordialement, B. Fierens

J’aimerai savoir comment peut-on arrêter de pleurer sans raison et sans cesse ?

Tout va bien pour moi, j’ai tout ce dont quelqu’un peut rêver : des amis, une vie de couple, un travail, de l’argent.
Malgré tout je ne peux m’empêcher de pleurer dès que je me retrouve seule et sans activité.
A quoi est-ce dû ?
Et comment arrêter ça ?

 Réponse :

 Vous « avez » beaucoup de choses appréciables qui rendent possible votre vie, en effet, et tant mieux !

 Mais il y a en vous une petite fille blessée, qui ne sait pas par quoi elle a été blessée, ou bien elle le sait, mais depuis toujours elle fait « comme si ce n’était pas grave ».

Vos larmes vous alertent, et vous avez bien raison de ne pas les mépriser. Elles manifestent cette souffrance méconnue qui surgit par moments. Elles témoignent de ce qui a été refoulé, petite, parce que ce n’était pas supportable, mais ce « refoulé » agit à votre insu dans votre vie, vous empêchant d’« être » libre, d’« être » heureuse, vraiment, tranquillement. 

Je vous propose de chercher un(e) professionnelle qui écoutera la petite fille que vous avez été et ses blessures refoulées, qui écoutera comment vous vous êtes construite. Vous pourrez alors découvrir peu à peu la personne que vous êtes et qui est enfermée dans des comportements qui l’étouffent, et qui, aujourd’hui, n’ont plus d’utilité.

 Cordialement, B. Fierens

Comment aider ma fille de 3 ans qui se retient d’aller à la selle ?

Ma fille de 3 ans se retient d’aller à selle depuis que j’ai commencé à lui apprendre la propreté.

Pour uriner cela se passe super bien mais pour aller à selle c’est non !  Elle s’oppose. Elle a un traitement pour l’aider mais ça ne marche pas. Nous avons dû aller aux urgences lui faire un lavement. Elle ne va pas à selle sans aide. Après 7 jours on est obligé de donner un laxatif.

Je parle beaucoup avec ma fille je la rassure, je l’accompagne, mais rien ne marche. J’ai tenté divers moyens, et aussi, l’ostéopathie.

Je suis à bout, je souffre de voir ma fille se retenir et avoir peur de son caca. Je me demande d’où vient cette peur ? J’ai peur d’avoir eu, un jour, une réaction qui aurait pu lui faire peur ? Je ne comprends pas, je ne sais plus quoi faire.

Réponse :

Vous êtes manifestement très anxieuse au sujet de votre fille.

Bien sûr aujourd’hui, il y a un cercle vicieux qui s’est installé, et il faut en sortir. Pour le moment, toutes les démarches mises en œuvre vont dans le sens de « résoudre une urgence ». C’est tout à fait légitime, mais il n’est pas possible de laisser s’installer cette seule (fausse) »méthode ». Il faut aller à la question de fond, à l’origine de ce problème.

Comment l’apprentissage de la propreté s’est-il passé pour vous, petite ? Quels sont les points qui ont été angoissant, insupportables, voire humiliant pour vous ? Comment avez-vous vécu les attentes de vos parents ? Où le pot était-il placé : dans un lieu de convivialité ? Dans un lieu à part, discret, dédié à cela ? Vous sentiez-vous tranquille et respectée dans votre intimité ?

C’est avec cette expérience, avec les sentiments qu’elle a suscités en vous que vous êtes intervenue auprès de votre fille, et vous lui avez transmis ce qui vous avait habitée.

Une petite fille a toujours envie de satisfaire sa maman. Mais c’est impossible si la peur est présente, chez la mère et/ou chez l’enfant, ou si l’enfant n’est pas encore prête.

L’éducation à la propreté ne devrait être rien d’autre qu’un « si tu veux », avec une explication très simple ; et une proposition : quand tu te sens prête, on enlève la couche, et je peux t’aider si tu en as besoin.

La priorité me semble être de vous faire aider par un(e) professionnel(le) qui écoutera ce que vous avez vécu, petite, : la peur ?  L’inquiétude que votre mère soit fâchée ou que ça n’aille pas assez vite ?

Ce professionnel écoutera votre désir de bien faire, votre peur de ne pas en faire assez. Par la parole vous découvrirez les excès et les exigences qui vous ont stressée, enfant, et vous habite encore maintenant. Vous serez peu à peu libérée du poids que vous portez depuis longtemps.

Votre fille a le goût de grandir.  Si vous lui faites confiance, et qu’elle est prête à vous demander votre aide, alors la propreté, mais aussi bien d’autres choses se feront simplement, au bon moment, sans stress.

Le rôle de parent n’est pas simple, mais c’est souvent nous qui le compliquons.

Cordialement, B. Fierens

Parole donnée 14

« Quand il parle en vérité, l’homme n’a pas d’abord acquis la parole comme on acquiert un objet pour le donner ensuite. Quand il parle en vérité, la parole se donne à travers lui au moment où il ouvre la bouche. »

Denis Vasse, « Inceste et Jalousie » p42 Ed du Seuil Paris 1995

Parole donnée 13

« Ne pas être mis en voix,  comme on est mis au monde, revient à avoir le souffle coupé ou la voix déniée. C’est rester dans l’extériorité de la respiration ou dans le déni de la voix, et être livré au vent qui asphyxie la chair. »

Denis Vasse  « L’arbre de la voix » p 151  Ed Bayard  Montrouge 2010

Parole donnée 12

L’homme amputé de la parole ou non marqué par elle n’est plus porté par le désir qui vise à son accomplissement dans la rencontre avec l’autre. La différence dans lequel il se manifeste – le sexe – n’est plus signifiante de l’Autre en lui. L’homme s’identifie alors à l’animal ou à la machine. Ni l’un ni l’autre n’ont de visage.

Denis Vasse La Grande Menace, p 280 Ed du Seuil

Parole donnée 11

Là où le mensonge apparaît – et quelle que soit la prétention idéaliste qui le soutienne – la médiation de la parole est détruite.

Denis Vasse La Grande Menace p 168 Ed du Seuil

Parole donnée 10

Prendre la parole en vérité, c’est s’adresser à l’autre lorsque nous l’écoutons et que nous répondons d’elle en lui comme en nous. Cela pourrait être une définition du vivant.

Denis Vasse, La Grande Menace, p 111 Ed du Seuil

Parole donnée 09

Dans l’immédiateté qu’on pourrait appeler l’immédiation, l’action est privée de la médiation d’un autre ou de la parole. Elle ne soutient pas dans le temps et l’espace, l’apparition-disparition de l’objet médiateur qui renvoie à la présence désirée. Elle ne tient pas compte de la chair. Ou elle est appariement, parité, dans la fusion qui étouffe. Ou elle est disparité, fantasme d’une disparition qui prive de la vie le vivant et le voue à la mort.

Denis Vasse La Grande Menace p 163 Ed Seuil